mercredi 29 octobre 2014

Mme Pelloche, c'est quoi un cinéma d'Art et Essai ?

C'est vrai que ça peut faire peur...
 Ne paniquons pas, je vais vous expliquer,  ça fait (presque) pas mal !


Une salle de cinéma classée "Art et Essai", c'est avant tout : une salle de cinéma !


Non, ces salles  ne sont pas réservées :
- aux retraités
- aux écoles
- aux enseignants
- aux cinéphiles
Même si heureusement, ils sont là !
Il ne faut pas non plus avoir été adhérent de je ne sais quel Ciné-Club des années 60/70.
Bref, tout le monde peut-y aller sans crainte !

Vous êtes prêts ??? 


Ouille ça pique, un peu je sais... 
C'est l'ancien logo de l' AFCAE  (Association Française des Cinémas Art et Essai)

Voici le nouveau mais Madame Pelloche n'a qu'une petite version floue :



A travers cette association, plusieurs commissions attribuent à des films le classement Art et Essai. En gros, ça veut dire que ces films sont vachement bien mais ont besoin d'être mis en valeur et soutenus pour que les salles les programment et que les publics viennent les voir... 
Ces commissions sont composées d'exploitants (Ce sont les responsables de salles de cinéma, je sais, le terme est bizarre...), d'associations régionales et de coordinateurs. 
Tout ce beau monde se réunit une fois par mois pour voir les films qui sortiront  dans l'année  et choisissent ceux qui méritent le fameux classement Art et Essai !

Ces commissions permettent également :

- D'organiser des visionnements pour les professionnels en régions et de communiquer autour des films pour soutenir leur programmation.
- D'éditer des documents distribués au public.

Par exemple ces petites fiches pour les films jeune public que vous pouvez retrouver dans votre cinéma :

- D'organiser des animations en salle de cinéma.

- De mettre en réseau les salles pour donner aux films une plus grande visibilité.


Il y a plusieurs labels, donc plusieurs commissions :


Il y a le label Jeune Public 

L'un des derniers exemple en date : Le chant de la mer, de Tomm Moore, qui sort le 10 décembre 2014 mais j'en reparlerai... 



Le label Patrimoine et Répertoire Exemple : Les Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, ressorti en juin 2013


Le label Recherche et Découverte
Exemple : Bande de filles, de Céline Sciamma, actuellement en salle.




Comment ça marche ?

Pour qu'une salle de cinéma soit classée Art et Essai par le CNC (Centre National de la Cinématographie et de l'Image Animée), elle doit programmer au cours de l'année un certain nombre de films classés Art et Essai et les soutenir par une politique d'animation adaptée.
Ça veut dire organiser des débats, des conférences,  recevoir des réalisateurs ou encore, faire des partenariats avec d'autres structures culturelles etc.
Pour bénéficier de ce classement, chaque année, à la même période, les salles de cinéma doivent remplir un dossier dans lequel elles détaillent toutes les actions menées dans l'année, les films programmés, les entrées et répondent à tout un tas de questions... Bref, elles rédigent le journal de bord de la salle de cinéma...

A la dernière commission, 1141 salles ont bénéficié de ce classement. 

(Il y avait 2025 établissements cinématographiques actifs sur cette période : CNC)

Ce classement, c'est comme les "Etoiles de bonne table" chez Michelin, on peut le perdre d'une année à l'autre... 


Selon des critères précis, la salle de cinéma classée Art et Essai bénéficie d'une subvention du CNC. Heureusement parce que les entrées, c'est pas toujours ça... Même si parfois, un film classé Art et Essai est un succès (Exemple Les garçons et Guillaume à table de Guillaume Gallienne).


Mais pourquoi ils font tout ça ces gens ?

Pour défendre, soutenir, développer, encourager la diversité cinématographique, la rencontre du public avec le cinéma d'auteur. Sinon, il n'y aurait que des films au format poisson pané c'est à dire gras, carré, sans surprise et trop facile. Une bonne dorade cuisinée avec talent c'est tellement meilleure !
Dans les salles Art et Essai  l'écran est aussi grand qu'ailleurs et on vous donne encore la parole !!! Profitez-en prenez-la !



Madame Pelloche


mercredi 15 octobre 2014

Madame Pelloche éclaire vos lanternes !

Salut les mioches ! 
On est venu remplir sa caboche sur le blog de Madame Pelloche ?
Je suis certaine que vous vous êtes tous déjà demandés d'où venait l'expression "Éclairer sa lanterne" ! 
Je vais donc tenter de vous éclairer à ce sujet :



Tout commence par une fable datant de 1838 de Jean-Pierre Claris de Florian  (dont le père Castor serait jaloux) :




Le Singe qui montre la lanterne magique 

Messieurs les beaux esprits dont la prose et les vers 
Sont d'un style pompeux et toujours admirable, 
Mais que l'on n'entend point, écoutez cette fable, 
Et tâchez de devenir clairs. 
Un homme qui montrait la lanterne magique 
Avait un singe dont les tours 
Attiraient chez lui grand concours. 
Jacqueau, c'était son nom, sur la corde élastique 
Dansait et voltigeait au mieux, 
Puis faisait le saut périlleux, 
Et puis sur un cordon, sans que rien le soutienne, 
Le corps droit, fixe, d'aplomb, 
Notre Jacqueau fait tout du long 
L'exercice à la prussienne. 
Un jour qu'au cabaret son maître était resté (
C'était, je pense, un jour de fête), 
Notre singe en liberté 
Veut faire un coup de sa tête. Il s'en va rassembler les divers animaux 
Qu'il petit rencontrer dans la ville ; 
Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux, 
Arrivent bientôt à la file. 
Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau, 
C'est ici, c'est ici qu'un spectacle nouveau 
Vous charmera gratis. 
Oui, messieurs, à la porte 
On ne prend point d'argent ; je fais tout pour l'honneur. 
A ces mots, chaque spectateur 
Va se placer, et l'on apporte 
La lanterne magique ; on ferme les volets, 
Et par un discours fait exprès Jacqueau prépare l'auditoire. 
Ce morceau vraiment oratoire 
Fit bâiller, mais on applaudit. 
Content de son succès, notre singe saisit 
Un verre peint qu'il met dans sa lanterne. 
Il sait comment on le gouverne, 



Et crie, en le poussant : Est-il rien de pareil ? 
Messieurs, vous voyez le soleil, 
Ses rayons et toute sa gloire. 
Voici présentement la lune, et puis l'histoire 
D'Adam, d'Ève et des animaux ... 
Voyez, messieurs, comme ils sont beaux ! 
Voyez la naissance du monde ; 
Voyez ... Les spectateurs, dans une nuit profonde, 
Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir, 
L'appartement, le mur, tout était noir. 
Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles 
Dont il étourdit nos oreilles, 
Le fait est que je ne vois rien. 
Ni moi non plus, disait un chien. 
Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose 
Mais je ne sais pour quelle cause 
Je ne distingue pas très bien. 
Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne 
Parlait éloquemment, et ne se lassait point.
Il n'avait oublié qu'un point : 
C'était d'éclairer sa lanterne.


C'est bien beau tout ça mais c'est quoi une lanterne magique ???

Et bien nous y voilà ! La lanterne magique, c'est le début du commencement du démarrage de la naissance du cinéma (mais c'est surtout l'ancêtre du projecteur de diapositives) ! 
Cette lanterne ne projetait que des images fixes avec, parfois, des effets dans l’enchaînement des vues... (du genre PowerPoint  mais en moins nauséeux)
Difficile de dire quand et où elle est apparue pour la première fois, des chercheurs s'y sont risqués mais ils sont encore en Chine, 2 siècles avant JC... 
Madame Pelloche les laisse fouiller et préfère vous la montrer car elle fait rêver :



C'est tout simple, il n'y a que 3 éléments : 
A / une source lumineuse
B / une plaque de verre sur laquelle on peint quelque chose
C / une lentille qui permet la projection sur un mur ou un écran de la plaque de verre  

And the show must go one !!!


Il en existe des tas de modèles différents, tous plus beaux les uns que les autres et les collectionneurs les adorent ! On en trouve parfois dans les brocantes... 
Certaines lanternes étaient des jouets (uniquement pour celles et ceux qui étaient très gentils avec le père Noël), d'autres étaient destinées aux spectacles car les vues projetées pouvaient réellement impressionner leur public (d'où le qualificatif de magique) d'autres encore étaient destinées à l'enseignement pour illustrer par exemple les leçons d'histoires (l'ancêtre du TBI). 






Pour en savoir plus sur ce sujet  et sur le pré-cinéma en général voici un site très très bien fait et passionnant : UPOPI 

Vous rêvez de voir ce genre d'objet en vrai ??? 

Madame Pelloche vous recommande la visite du musée Lumière à l'Institut Lumière de Lyon :


Bon, maintenant, j’éteins ma lanterne...


Madame Pelloche

samedi 11 octobre 2014

C'est quoi un cancre ?

C'est quelqu'un qui a la rêverie et l'imagination qui débordent un peu trop de la classe... Pas facile d'apprendre ses leçons quand on voyage dans sa tête... Mais bon, parfois des écoles portent le nom de cancres avec lesquels elle s'est réconciliée... C'est le cas de Jacques Prévert, grand poète qui a pourtant comme célèbre citation : 

"Il n'y a pas de problème, il n'y a que des professeurs."

Je vous rassures les mioches, l'école a bien changé depuis que Jacques Prévert en est sorti... Inutile de répéter cette citation à vos enseignants ... 


En sortant de l'école...

Jacques Prévert et 13 de ses poèmes inspirent de jeunes réalisateurs (entre 19 et 29 ans)  tout juste sortis des écoles d'animation françaises. Un bien joli panel dans lequel transparaît toute la diversité en matière de techniques d'animation et d'imagination...
C'est en salle depuis le 1er octobre !





Vous trouverez toutes les informations sur ce film sur le site du distributeur : Gébéka Films

La suite est déjà en cours de production... Robert Desnos serait à l'honneur cette fois-ci.


"Fort heureusement, chaque réussite est l'échec d'autre chose." Jacques Prévert

A tantôt les mioches !

Madame Pelloche