mardi 4 novembre 2014

Mme Pelloche, j'peux voir la cabine de projection ?

Ok, mais on écoute et on ne touche à rien !


Aujourd'hui, Mme Pelloche passe du coté obscur de la force et vous emmène dans les coulisses de la salle de cinéma : la cabine de projection.



Non, il n'y a pas de dragons et les projectionnistes ne sont pas enfermés dans leur cabine. Ils sont gentils, adorent le contact humain, même si c'est à travers une vitre... Vous pouvez même leur faire un petit coucou depuis la salle, généralement ils répondent.

Ça, c'est ce que vous voyez habituellement :




Pour passer de l'autre côté de la vitre et exercer le métier de projectionniste il faut avoir un diplôme : le CAP d'opérateur projectionniste.  Ce diplôme est obligatoire pour exercer seul en cabine.

Les missions du projectionniste :

1 Diffuser des images animées par tout système d'enregistrement ou de diffusion
2 Vérifier l'installation et la conformité des équipements
3 Assurer l'entretien des équipements
4 Participer à la sécurité des biens et personnes

Eh non, le projectionniste ne se contente pas d'appuyer sur un bouton, ça, c'est ton père ou ta mère quand ils mettent un DVD à la maison !

Voyons ensemble quelques éléments techniques :

Avant, (c'est à dire jusqu'en 2012 environ) le cinéma c'était ça :



Des bobines de 35 mm de largeur avec 24 photogrammes par seconde de film, des perforations et la bande sonore (en bleu) sur le côté de la pellicule (Pelloche pour les intimes).

C'était mécanique. Le projectionniste recevait souvent les films dans la nuit du mardi au mercredi. Il devait alors les monter car les films était en plusieurs morceaux (environ 5 pour un film d'1h30). Il devait également démonter les films qu'il ne jouait plus pour les envoyer aux salles suivantes ou aux stocks.

C'est quoi un stock ? C'est l'endroit loué par les distributeurs pour stocker les bobines. Mais la plupart des copies étaient détruites après la sortie  car cela prenait beaucoup de place.

Le projectionniste utilisait une colleuse pour assembler les morceaux entre eux comme celle-ci :




Il valait mieux être concentré pour monter un film (ne pas se tromper dans l'ordre des bobines !) sinon les spectateurs auraient vu la fin avant le début (bon, dans le cas de Titanic, ce n'est pas trop grave, on connaît la fin !) ...

Aujourd'hui nous sommes en 2014 et le cinéma c'est ça :


Attention, on va faire de l'anglais :

Il s'agit d'un DCP : Digital Cinéma Package
En gros, c'est un disque dur dans lequel est enregistré tout un ensemble de fichiers informatiques (images, son, sous-titres, etc.)
Ce fichier, qui circule de salle en salle, est enregistré dans le serveur de la cabine de projection.

Mais ATTENTION, la salle de cinéma ne le diffuse pas aussi simplement. Le distributeur du film doit donner l'autorisation à la salle en lui octroyant un méga code secret que l'on appelle la KDM : Key Delivery Message ! Cela permet également d'éviter le piratage en interceptant des DCP en cours de livraison par exemple. 

Une fois cette clef validée, le serveur peut envoyer le film vers le projecteur numérique auquel le code correspond et là, le film peut-être projeté pour plusieurs séances, sur une période donnée (en général, la KDM est délivrée pour une semaine de passage). 



Hey, c'est quoi ce charabia ???
Oh ça, c'est la Playlist de la séance.
Le projectionniste doit tout programmer et l'ordinateur exécute :
- Le format du film
- L'ouverture du rideau
- Les lumières qui se baissent puis s'éteignent
- Les Bandes annonces
-Le Film
-Les lumières qui se rallument ...
etc.

En 2 ans, la technique a complètement changé mais le métier est resté le même. Une révolution incroyable dont très peu de spectateurs se sont aperçus. 

Dans beaucoup de salles de cinéma, le projecteur 35 mm et le projecteur numérique cohabitent côte à côte comme un grand-père qui veille sur son petit fils. Même si cela va très vite, tous les films ne sont pas encore numérisés. Dorénavant, en passant le CAP d'opérateur projectionniste, on apprend les deux techniques.

Finis les petits points de poussières et les griffes sur la pellicule mais... les nostalgiques trouveront bien un moyen de les recréer numériquement !

Madame Pelloche

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